
La continuité écologique
Les rivières sont parfois équipées d’ouvrages comme des barrages, des seuils ou des moulins.
Ils ont servi, ou servent encore, à produire de l’électricité, stocker de l’eau pour l’agriculture ou l’alimentation en eau potable. C’était le cas du barrage de l’Alune, juste en aval du moulin Dupuy. Mais ces infrastructures, même anciennes, modifient profondément le fonctionnement naturel de la rivière.
Une rivière bloquée : un écosystème bouleversé
Un barrage est conçu pour retenir l’eau et créer une réserve. En conséquence l’eau s’accumule en amont et inonde des zones naturelles, détruisant l’écosystème initial. La végétation disparaît sous l’eau, et de nombreux animaux perdent leur habitat. En aval, c’est l’inverse, l’écoulement est modifié, parfois appauvri, et la rivière perd sa dynamique naturelle.
Le rôle essentiel des sédiments
Les barrages piègent les sédiments (sables, graviers, galets) qui devraient s’écouler librement.
À cause de ce blocage, les sédiments s’accumulent en amont et en aval : la rivière manque de matériaux, ce qui entraîne une érosion accrue des berges, un appauvrissement du fond de rivière et un manque de zones de reproduction pour des espèces comme la Truite fario, qui dépose ses œufs dans le gravier.
Des espèces coupées les unes des autres
En interrompant le cours d’eau, les barrages deviennent de véritables murs infranchissables pour beaucoup d’animaux aquatiques. Certaines espèces ne peuvent plus se déplacer pour se nourrir, rejoindre leurs zones de reproduction et échanger avec d’autres populations. C’est l’une des causes principales de la disparition de l’Apron du Rhône, poisson endémique aujourd’hui en danger critique d’extinction, et absent de l’Alune.
Crues régulées : des effets inattendus
Certains barrages ont été construits pour limiter les crues et protéger les habitations en aval.
Si cette fonction peut être utile, elle modifie profondément le cycle annuel de la rivière, les dépôts de sédiments et la fréquence des débordements, essentiels pour la dynamique naturelle. La réduction des crues affaiblit les espèces pionnières, comme les jeunes saules, qui ont besoin d’épisodes de crues pour s’installer.
Restauration de la continuité écologique
Aujourd’hui, de nombreux travaux visent à redonner leur liberté aux rivières comme l’effacement de barrages devenus inutiles, abaissement de seuils, création de passages pour la faune et renaturation du lit de la rivière. Sur l’Alune ce barrage a été effacé et 5 ans après la rivière a récupéré un lit bien plus naturel avec une libre circulation des poissons, des sédiments et de l’eau, redonnant à la rivière son fonctionnement naturel.